mardi 9 août 2011

L'ouverture d'une instruction contre Mme Lagarde est une étape décisive sur le chemin de la vérité !"

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Mardi 9 aout 2011 :
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François Bayrou a salué jeudi 4 août "une étape décisive sur le chemin de la vérité", en apprenant l'ouverture d'une enquête par la Cour de Justice de la République sur le rôle joué par la directrice générale du FMI Christine Lagarde dans l'affaire Tapie/Crédit Lyonnais.
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La décision de la Cour de justice de la République (CJR) "d'ouvrir une instruction contre Christine Lagarde, aggravée par la définition des chefs d'inculpation de complicité de faux et de détournement de fonds publics " est une étape décisive sur le chemin de la vérité", a estimé le président du Mouvement Démocrate.
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"Cette affaire, qui restera je le crois comme un des plus grands scandales sinon le plus grand scandale de la Ve république, avec des zones d'ombre toujours plus épaisses, fait peser un lourd soupçon sur l'enchaînement des décisions d'Etat qui ont conduit à verser des centaines de millions d'euros de fonds publics à Bernard Tapie", a-t-il souligné. Pour le leader centriste, il y a dans ce dossier "des mélanges de genres inacceptables entre des milieux d'affaires et la responsabilité publique, entraînant des complaisances condamnables dans l'appareil d'état".
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"Par la décision de présenter et de soutenir Mme Lagarde à la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), la France a été mise en difficulté. Et après Dominique Strauss-Kahn, une autre direction générale française apparaît dans une lumière discutable", déplore également François Bayrou.
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Il "espère maintenant pour le pays que la vie publique sorte de ce genre de dérive et qu'un Etat de droit impartial et respectueux de nos principes puisse enfin être rétabli en France". "La décision d'aujourd'hui permet en tout cas de vérifier qu'il y a avait bien dans cette affaire des circonstances peu claires, des connivences qui devaient être élucidées. Elle permet ensuite d'espérer en une justice indépendante et une démocratie restaurée", a-t-il conclu.
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lundi 8 août 2011

1935 : L’affaire MALMEJAC – Partie 5 - Les médias s'en mélent

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Lundi 8 aout 2011 :
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Tous les lundis, durant cet été 2011, je vais explorer les méandres d’une affaire qui a bouleversé une longue semaine la ville de Marseille, et au-delà, la France entière : « l’affaire MALMEJAC » ou l’enlèvement d’un enfant en plein jour et au cœur même de la cité phocéenne.
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Ordre des publications :

Lundi 4 juillet 2011 : Présentation
Lundi 11 juillet 2011 : L’Enlèvement
Lundi 18 juillet 2011 : Premières recherches
Lundi 25 juillet 2011 : La piste d’Endoumes
Lundi 1er aout 2011 : La piste de Saint-Just
Lundi 8 aout 2011 : Les médias s’en mêlent
Lundi 15 aout 2011 : Le Boulevard des Fauvettes
Lundi 22 aout 2011 : Devant la justice
Lundi 29 aout 2011 : Conclusion
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I / Avis de recherche :

Dès le 29 novembre 1935, pour faciliter le bon déroulement de l’enquête, les services de police ont établi un avis de recherche qu’ils ont diffusé à toutes les unités. Le 1er décembre, cet avis, signé par le Commissaire central Sarbach, est enfin publié par la presse marseillaise.
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La diffusion auprès du grand public de cet avis est une tentative désespérée pour essayer de débloquer l’enquête. Comme nous l’avons déjà vu, celle-ci est désormais enlisée et plus rien ne vient la faire avancer. Par ce geste, les enquêteurs espèrent enfin recevoir un témoignage digne de foi.

II / Le message des Malmejac :

Ce matin là, de nouvelles lettres anonymes parviennent au domicile des Malmejac. Au milieu des nombreuses revendications, pour la plupart fantaisistes, une enveloppe attire l’attention des enquêteurs. Elle est identique à celle contenant les deux premières lettres, reçues dès les premières heures de l’enlèvement. Cette fois-ci encore, il s’agit d’une enveloppe blanche dont l’adresse, en lettres majuscules, est écrite au crayon noir. De nouveau, elle contient une feuille arrachée à un cahier d’écolier, probablement le même, soigneusement pliée en quatre.

Cette missive réitère la demande de rançon reçue dès le premier jour mais donne de nouvelles directives pour son échange. En guise de conclusion une phrase laisse toute latitude aux Malmejac quant à la démarche à employer :

Venez seul. Tout serait à craindre si vous étiez suivi !
Dans le cas où vous-même auriez un projet offrant toutes garanties, nous serions prêts à le suivre.

Mais une question se pose immédiatement : Quelle est la valeur de toutes ces lettres ?

Les Malmejac, comme les enquêteurs, sont toujours confrontés à cette grave question. Il devient malaisé de déterminer au milieu de toutes ces revendications douteuses la vraie missive de la ravisseuse. La plus grande peur des parents éplorés est de passer à côté du véritable message.

La suggestion de Léon Bancal donné la veille aux Malmejac devient donc d’actualité. Il faut que la ravisseuse apporte la preuve qu’elle détient réellement le petit Claude. Pour cela, le docteur Malmejac établit un message plein de dignité qu’il demande à la presse marseillaise de publier.

Dans ce message, le père explique qu’il voudrait avoir la preuve indéniable que la missive reçue a bien pour origine la ravisseuse. Pour cela, il lui demande de joindre au message la chaînette en or que portait son enfant au moment de l’enlèvement.

La presse du soir va publier ce message sans aucune difficulté. Il sera repris le lendemain par les journaux à gros tirages que sont le « Petit-marseillais » et le « Petit-provençal ». Toutefois, à ce moment là, la situation aura bien évolué comme nous le verrons en temps utile.

« Le docteur Malmejac reçoit tous les jours de nombreux rendez-vous. Méconnaissant tout des intentions et des sentiments de ceux qui lui écrivent, dont la plupart ne sont certainement pas les ravisseurs de son fils, il ne peut accepter que d’aller à un rendez-vous motivé. Celui-ci ne sera donc pris en considération que si la personne qui l’a fixé peut donner au préalable la preuve qu’il est en possession de l’enfant. Pour cela, elle devra joindre à la lettre la chaînette que portait le petit Claude et qui servira de signe de reconnaissance.

Le docteur Malmejac s’engage formellement à agir confidentiellement et se rendra à un rendez-vous franc et sans arrière-pensée. Celui ou celle qui ramènera l’enfant au lieu indiqué touchera aussitôt et sans discussion la somme proposée.

S.Malmejac »

III / La révélation de la lettre anonyme :

Alors que l’enquête piétine, la presse parisienne va lancer un véritable pavé dans la mare. Un journal du soir à gros tirages basé à Paris publie en « Une » un scoop qu’il juge sensationnel. Il s’agit de l’information concernant la lettre anonyme reçue par les Malmejac le jour de l’enlèvement réclamant cinquante mille francs de rançon. Sans aucune précaution ni fioriture, il révèle l’intégralité de la lettre ainsi que le détail de l’annonce publiée par les Malmejac dans le « Petit-marseillais » suivant les injonctions de la ravisseuse.

Cette révélation va déclencher la colère de la presse marseillaise et de son emblématique chef de file, Léon Bancal. En effet, les journalistes locaux se sentent trahis. Ils avaient fait promesse de ne point révéler cette information tant que les Malmejac ne le jugeront nécessaire. Et voilà qu’un journaliste, parisien de surcroît, brise ce serment, le scoop pour le scoop.

La presse marseillaise ne va pas être tendre pour ce renégat, dont la conscience, tant professionnelle que morale, est mise en doute. La « une » du « Petit-marseillais » va publier un éditorial sans ambiguïté de Léon Bancal, qui se fait le porte-parole de tous les journalistes locaux, dont il est par ailleurs le président du syndicat.

On peut remarquer que les journaux marseillais ont fait preuve d’une belle abnégation en cachant au public une information vitale dont il avait eu accès dès les premières heures. En effet, outre Léon Bancal et Marcel de Renzie, tout deux du « Petit-Marseillais », le docteur Malmejac avait montré les lettres à plusieurs journalistes pour demander leur avis et tenter de se rassurer.

Pour les Marseillais, c’est encore la presse parisienne, avide de scoop, sans aucun scrupule, qui a, peut-être, fait échouer cette piste ô combien fragile.

Toutefois, avec le recul, on peut aussi s’étonner des liens très étroits qui unissent la presse de l’époque aussi bien avec les parents qu’avec les enquêteurs. Tous semblent mener main dans la main la même enquête , les parents racontant par le menu les détails de leurs angoisses, les journalistes et les enquêteurs échangeant leurs informations au sus et au vu de tous le monde. Notre « sacro-saint » secret de l’instruction est bien loin. On peut par contre remarquer que chacun joue le jeu avec un grand respect et la presse va éviter soigneusement de publier toute information qui pourrait nuire à l’enfant enlevé … du moins jusqu’au scoop parisien.

IV / Le message déontologique de Léon Bancal :

Ce soir là, Léon Bancal va écrire un éditorial sans ambiguïté rappelant sa vision de la déontologie et de la conscience professionnelle que doit posséder tout journaliste. Il doit aussi s’expliquer sur la non-publication jusqu’à ce jour de la lettre reçue par les Malmejac le jour du drame. Cet article sera publié à la « Une » du « Petit marseillais » du 2 décembre 1935 :

« Le métier de journaliste consiste à rechercher et à donner des nouvelles. Vraies bien entendu. Mais son devoir est, avant de publier ces nouvelles, de songer à toutes les conséquences possibles de cette publication. Deux lignes peuvent suffire à jeter le désespoir dans un foyer et à causer d'irréparables catastrophes humaines.

Vendredi, nous savions que le père du bébé ravi la veille avait reçu la lettre dont nous parlons plus loin et dans laquelle on lui proposait le retour de son enfant contre une rançon. Pour laisser aux malheureux parents la possibilité d'entrer confidentiellement en relation avec les ravisseurs, si du moins comme on le suppose, la lettre émanait d'eux, et de retrouver le plus rapidement possible leur cher petit, nous nous abstenions de faire la moindre allusion à ce document que le Docteur Malmejac avait montré à certains d'entre nous pour leur demander un conseil d'ordre strictement privé.

Un confrère parisien, arrivé dans la nuit de vendredi à samedi et mis au courant de l'événement par des camarades, qui lui faisaient part de leur résolution et lui demandaient de respecter le vœux des parents, n'a pas hésité une minute à rendre publique l'existence de cette lettre et à sacrifier à la frénésie de l'information, la chance qu'avait Monsieur et Madame Malmejac d'être délivré de leur douleur et de leur angoisse.

Nous signalons ce fait sans commentaire.

Simplement, afin que le public, aux yeux duquel notre indispensable curiosité trouve quelque fois si difficilement grâce, sache qu'il est tout de même des journalistes chez lesquels le souci d'informer n'étouffe pas le devoir de rester humain.

Il y a encore des journalistes qui ne font pas la différence entre la conscience professionnelle et la conscience tout court.

C’est leur honneur.

Léon Bancal »

V / Le message radiophonique :

Alors que les journalistes sont en train de régler leurs comptes, les révélations de la presse parisienne ont malgré tout un aspect positif, faisant évoluer la situation des Malmejac. Ils peuvent désormais parler de la demande de rançon devant le grand public.

Les parents sont de plus en plus inquiets. Ils veulent toucher au plus vite la ravisseuse pour hâter la libération de leur enfant. Mais il manque de moyen car la dernière missive reçue donne aucune indication pour que le professeur puisse toucher la ravisseuse. Pour cela, un message radiodiffusé leur semble être la meilleure solution, la plus rapide et la plus sûre, pour parvenir à leurs fins.

A cette époque où la télévision n’existe pas, la radio est la principale source d’information avec la presse. Comme de nos jours, où tout le monde regarde la télévision, à cette époque tout le monde possède un poste de T.S.F. et écoute religieusement la radio locale chaque soir. La station de T.S.F. « Marseille-Provence » est la solution idéale et incontournable. Malheureusement, les messages radiodiffusés émis par des particuliers sont interdits. Il faut donc l’aval du ministre des P.T.T., le célèbre et redouté Georges Mandel.

Celui-ci comprend immédiatement le désarroi de la famille et donne son aval à la diffusion du message que les Malmejac lui soumettent :

« Le docteur Malmejac fait savoir qu’il est tout disposé à suivre les indications qui pourront lui être donné pour retrouver son fils.

Il s’engage à observer la plus grande discrétion sur toutes les tractations et à remettre confidentiellement la somme de cinquante mille francs à la personne qui lui ramènera son petit Claude. »

Ce message sera finalement diffusé plusieurs fois aux heures de grande écoute et touchera grandement la population. Comme nous le verrons plus tard, il touchera aussi son but, étant écouté par la ravisseuse.

VI/ Le détective Rochat :

Tandis que ces grandes manœuvres journalistiques se déroulent, le détective privé genevois Rochat débarque enfin à Marseille à la gare Saint-Charles.

Pour éviter d’être reconnu, le célèbre détective se terre dans un hôtel à proximité directe de la gare. Il se fit passer aux yeux de tous pour un ami personnel de la famille, renonçant à utiliser sa chienne Zita, trop remarquable. Cependant, cette attitude ne l’empêcha pas de lancer ses propres informateurs à la recherche d’éléments nouveaux.

Lorsque la nouvelle demande de rançon arriva au domicile des Malmejac, le professeur rendit visite au détective pour étudier la marche à suivre. Le détective proposa au docteur Malmejac de le remplacer lors de la remise de rançon et de traiter lui-même avec la ravisseuse.

Sur le coup, cette décision ne convainquit pas le père éploré. Mais nous verrons plus tard le changement d’attitude qui survint le lendemain matin.

VII/ L’état de l’enquête :

Comme nous l’avons vu plus tôt, l’enquête est donc dans l’impasse. En ce premier dimanche de décembre, aucune piste nouvelle, crédible ou non, n’est venue étayer la moindre des hypothèses. Les témoignages farfelus sont toujours aussi nombreux et les enquêteurs ont vraiment l’impression de faire du surplace.

Pour essayer de donner un coup de fouet aux recherches, les enquêteurs publient auprès du grand public un nouveau bulletin de recherche avec une description beaucoup plus précise de la ravisseuse. Ce bulletin va être repris dès le soir même par la presse locale.


Age : Soixante / soixante-cinq ans
Taille : Un mètre soixante-cinq
Visage : Rond
Teint : Rosé
Cheveux : Blanc
Corpulence proportionnée à la taille
Vêtue d'un long manteau noir avec un col en fourrure
Vêtement noir et soulier de la même couleur. Ses bas sont peut-être gris
Coiffée d'une toque assez enfoncée
Porte des lunettes à verre ordinaire
Boite légèrement et s'aide d'une canne à bout caoutchouc
Parle avec un accent non méridional, probablement parisien

Quoique plus précis, cette description correspond toujours à de nombreuses femmes de soixante ans habitant Marseille et sa région. Pourtant, c’est cette description qui va permettre à l’enquête d’enfin avancer. Mais cela n’est pas pour tout de suite.

VIII/ Les récompenses promises :

Parallèlement à tous ces efforts, une nouvelle manière d’aider la famille dans la douleur apparaît, manière initiée par la presse parisienne. Durant la période de « l’entre deux guerres », les grands journaux de la capitale rivalisent dans la course à l’audience. Dans cette course effrénée, tous les coups sont permis. L’un des atouts est « le » geste pour la « noble cause », geste bien entendu soutenu par une grande campagne publicitaire. Ce geste, fort opportun et nullement désintéressé, est très souvent une souscription. Les journaux ont pris l’habitude de lancer des souscriptions pour tout et n’importe quoi.

Dans l’affaire qui nous intéresse, c’est ce qu’ils vont faire mais ils vont introduire une nouvelle variante : ils offrent des primes. Cela va être durant quatre jours la course à la prime. Chaque prime consentie est annoncée à grand renfort d’affiches dans toute la France pour que tout le monde soit bien au courant des efforts consentis par les rédactions.

Ainsi « Paris-Soir » va offrir une prime de quarante mille francs à qui donnera une information concrète permettant de retrouver l’enfant enlevé.

Un autre grand journal parisien, « l’Intransigeant », va proposer quant à lui de verser les cinquante mille francs de la rançon à la place des Malmejac.

Un troisième va offrir dix mille francs à chaque enquêteur qui participera à l’arrestation de la ravisseuse.

D’autres enfin vont proposer de rembourser les frais de recherche

Cette débauche de moyen va avoir un effet pervers sur l’enquête. Il va faire enfler dangereusement le nombre de dénonciation et provoquer un engorgement des bureaux de l’Evêché, obligeant les enquêteurs à vérifier un nombre incalculable de fausse piste.

Heureusement, au milieu de tout ce fatras parviendra la lumière !
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La suite la semaine prochaine ...
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dimanche 7 août 2011

L’info du dimanche : Un produit « vert » interdit

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Dimanche 7 aout 2011 :
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La rubrique dominicale de mon blog, « l’info du dimanche », cette information locale, régionale ou nationale glanée dans la presse et qui m’a fait bondir de colère ou de joie durant la semaine.
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Alors que les consommateurs sont avides de produits naturels, alors qu’ils poussent pour une utilisation moins massive des produits chimiques voire, pour certains extrémistes à leur interdiction pure et simple, alors que de son côté le monde agricole est favorables à une utilisation plus massive de produits naturels, un imbroglio administratif jette plusieurs centaines d’agriculteurs alsacien dans le désarroi le plus complet.
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Alors que tous les acteurs sont d’accords sur le fait qu’il faut réduire les taux d’azote et de nitrate, voilà que l’on met un frein et des bâtons dans les roues à l’un de ces procédés de remplacement.
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Je vous laisse seul juge !

Bonne lecture !
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Des agriculteurs sommés de ne plus utiliser un produit « vert » pour traiter leurs salades
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Les autorités françaises veulent interdire l’emploi de certains produits naturels pour traiter des légumes, alors qu’ils sont plus efficaces et moins polluants selon leurs utilisateurs.
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C’est à n’y rien comprendre. Le ministère de l’Agriculture veut interdire à des maraîchers l’emploi de produits peu polluants pour traiter leurs salades, radis ou concombres. Un comble, alors que, dans le cadre du Grenelle de l’environnement, le gouvernement a justement demandé aux exploitants de diviser par deux, d’ici à 2018, leur consommation de produits phytosanitaires !
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Pendant des années, Denis Digel, qui produit quelque 600 000 salades par an à Sélestat (Alsace), a protégé ses légumes à l’aide de produits chimiques. Depuis deux ans, il se contente d’une seule pulvérisation de Sémafort, un produit dit « phyto-stimulant » à base d’algues, d’extraits végétaux et de phosphites (un dérivé du phosphore). Cette substance, fabriquée en Allemagne, est censée renforcer les défenses naturelles de la plante.
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« C’est trois fois moins cher à l’hectare et nettement plus efficace , explique-t-il. Les rendements sont supérieurs. En plus, cela permet de réduire l’impact négatif sur la nature. (…) Et voilà qu’on nous l’interdit, à cause des complexités de la réglementation. »
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En juin, le ministère de l’Agriculture a en effet adressé à Planète légumes, un regroupement de 460 producteurs alsaciens qui testent ces phyto-stimulants, une mise en garde sur l’emploi des phosphites. Il souligne que les produits contenant ces substances ne peuvent être commercialisés qu’en tant que « produits phytopharmaceutiques » . Or, le Sémafort est commercialisé en tant qu’engrais. Conséquence : il doit être retiré du marché sans délai.
« Nous n’avons aucune opposition de fond à l’usage des phosphites, qui sont d’ailleurs autorisés au niveau européen, précise à l’AFP un expert du ministère. Simplement, tout produit à base de phosphite ne peut être commercialisé que s’il a obtenu une autorisation de mise sur le marché. »
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Or cette autorisation relève, en France, d’une procédure longue et coûteuse, souvent hors de portée des petites ou moyennes entreprises qui commercialisent les phyto-stimulants. « Pour le Sémafort, cela coûterait quatre millions d'euros, c’est hors de portée de son fabricant » , explique Fabien Digel, directeur de Planète légumes et frère du producteur de Sélestat.
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Les maraîchers sont d’autant plus en colère que leurs voisins et concurrents allemands vendent en toute légalité en France des légumes traités aux phosphites : outre-Rhin, ces produits sont homologués pour une somme modique. Et ils ne le sont ni en tant que phytosanitaire, ni en tant qu’engrais, mais bien en tant que « phyto-stimulants ».
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L’ancien ministre et actuel député (UMP) du Bas-Rhin François Loos a pris fait et cause pour les maraîchers et a écrit au ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire pour lui demander des les rencontrer. « Je pense qu’il y a une campagne en France pour empêcher l’arrivée de ces produits sur le marché , explique-t-il. Je ne sais pas si c’est un lobby, mais en tout cas je demande au ministre d’avancer. »
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LA-CROIX.COM AVEC AFP
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samedi 6 août 2011

Gimme Shelter (Jagger/Bono/the edge/Fergie/Will.i.am)

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Samedi 6 aout 2011 :
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Le samedi, durant l’été, je mets en ligne une vidéo, une image, une chanson, qui mérite le détour. Je vous laisse découvrir tranquillement ces pépites !
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Par un soir d’automne 2009, sur la scène du Madison Square Garden, se déroula le vingt cinquième anniversaire du Rock n roll Hall of Fame. L’occasion de voir sur scénes les plus grands monstres sacrés du Rock and Roll, ces dinasaures pas encore disparus, mélés à de jeunes pousses dont le talent n’est plus à faire, ou à des monuments scéniques.

Ainsi, à l’occasion d’un « Gimme shelter » initié par Bono, U2 va être rejoint sur scène par Mick Jagger himself mais aussi par un Will.i.am et une Fergie en pleine forme, au propre comme au figuré, c’est le moins que l’on puisse dire.
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On aime ou on n’aime pas mais cette version du standard des stones revisitée par Bono et Will.i.am et portant la griffe de Fergie est des plus intéressantes.
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Bon visionnage
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Lien internet de la vidéo :
http://youtu.be/FzgJ6Mkkd-w
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vendredi 5 août 2011

Il y a cent ans : Revue de presse du 31juillet au 6 aout 1911

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Vendredi 22 juillet 2011 :
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Une petite revue de presse centenaire et cent pour cent subjective des événements qui se sont déroulés l’été 1911 par le biais de la « bible » de la presse nationale de l’époque : « Le Petit Parisien »
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Lundi 31 juillet 1911 :

Maroc : A Berlin, le Kaiser Guillaume II convoque plusieurs de ses ministres dont celui des Affaires-étrangères et celui de la Guerre pour faire un point sur les négociations franco-allemande sur le Maroc. De nouveau, rien ne filtre à l’exception d’une indiscrétion d’un haut fonctionnaire présent à cette réunion laissant entendre que Guillaume II était très satisfait de la tournure des événements.

Incendie : Les ateliers et réserves électrique de la compagnie des chemins de fer « Compagnie du Nord » sont détruits par un terrible incendie s’étant déclenché durant la nuit, vers trois heures du matin.

Si aucune victime n’est à déplorer, les ateliers sont entièrement détruit et les dégâts évalués à plusieurs centaine de milliers de francs. Pire, ces ateliers étaient en fait l’ancienne gare en bois de Dieppe qui avait servi pour l’exposition universelle de 1889, démontée et reconstruite là à cause de son originalité architecturale. Outre la gare « historique », l’ensemble des appareillages électrique de la Compagnie du Nord, plusieurs wagons ont aussi été détruit par un feu probablement né à la suite d’un court-circuit.

Insolite : Un ballon en perdition au dessus de la capitale se pose en catastrophe dans la cour de l’hôpital de la Charité. Faute de vent, le ballon, parti de Saint Cloud et conduit par des civils, n’a pu sortir du piège de la capitale et a donc fini sa course dans les parterres fleuris de l’hôpital.

Tour de France : Dernière étape Le Havre – Paris (317 Kilomètre)

Après quinze étapes et cinq mille kilomètres, les vingt cinq coureurs encore officillement en course regagnant Paris pour un sprint final sur le vélodrome du Parc des Princes.

« La gigantesque épreuve du Tour de France cycliste organisée .par notre confrère l'Auto s'est terminée hier Depuis un mois, au nord, l'est, au sud, à l'ouest, elle a obtenu un succès considérable.

Disons de suite que c'est Garrigou, qui, finalement, en sort vainqueur. En tête du classement général depuis le début de la course, le jeune coureur ne pouvait, d'ailleurs être battu, à moins d'accident. Derrière lui se place Duboc qui vient de conquérir ses galons de grand routier. Garrigou et Duboc ont reçu à leur arrivée au parc des Princes l'ovation formidable que valait leur prouesse.

Mais ils ne sont pas seuls à mériter l'éloge. Quatre-vingt-quatre coureurs quittèrent Paris au commencement de ce mois. Sur ce nombre, 25 y revenaient hier après avoir franchi, en 15 étapes, plus de 5000 kilomètres, par une température atroce,

Ces vingt cinq ne sont-ils pas également dignes d'être hautement félicités ? Ne sont-ils pas également tous des athlètes puissants et courageux, qui viennent de prouver leur valeur exceptionnelle »

Quinzième étape : ordre d’arrivée au Parc des Princes

1er : Marcel Godivier (La Française) en 10 h 40’
2 : Paul Duboc (La Française) à douze minutes
3 : Gustave Garrigou (Alcyon) Même temps
4 : Charles Cruchon (La Française) à 27 minutes
5 : Jules Deloffre même temps

Classement général aux points (seul classement général existant à l’époque)
1er : Gustave GARRIGOU (Alcyon) - 43 points
2 : Paul DUBOC (La Française) – 61 points
3 : Emile GEORGET (La Française) – 84 points
4 : Charles CRUPELANDT (La Française) – 109 points
5 : Louis HEUSGHEM (Alcyon) – 135 points

Mardi 1er aout 1911 :
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Sécheresse : La sécheresse et des températures caniculaires continuent à sévir en Ile de France rendant la situation pénible même si, à la suite d’une brève ondée dans la nuit de dimanche à lundi, le thermomètre a baissé de quelques degrés.

Les coupures d’eau devenant de plus en plus fréquente en journée et s’ajoutant à celle déjà existante durant la nuit poussent le préfet de la Seine, Mr DELANNEY à réunir une cellule d’urgence regroupant tous les acteurs. La mise en service au-delà de sa capacité actuelle de l’usine de pompage et retraitement de l’eau de Saint Maur (actuellement calibrée pour 30.000 m3 d’eau traité mais pouvant en pomper 80.000) est décidée. Il est aussi demandé aux parisiens de rationner l’eau par tous les moyens.

Faits divers : Conséquence directe de la canicule, les esprits s’échauffent et la rubrique « faits divers » s’agrandit. Ainsi, en ce mardi, on peut successivement s’intéresser à :
1/ une querelle entre frères qui se terminent à coup de couteau (un mort)
2/ un amoureux évincé qui poignarde son ex maitresse (une morte)
3/ un jeune enfant qui, par désœuvrement, fait dérailler le train Paris-Melun (deux morts)
4/ un ouvrier qui tabasse à mort sa femme (une morte)
5/ un commerçant tué à coup de marteau par un client mécontent (un mort)
6/ un maçon épris de boisson qui jette sur les passants des tuiles du haut d’un toit (un mort)
7/ deux passants roués de coups à Vaugirard par une vingtaine d’apaches (un mort)
8/ une querelle de voisinage se réglant à coup de barre de fer (un mort)
9/ une querelle entre « tapineuse » se terminant en une bagarre au couteau (une morte)
La liste pourrait encore être longue mais je m’arrête au simple faits divers ayant entrainés la mort. On constate donc pas moins de dix morts violentes dans la capitale pour la journée de lundi sans que cela n’émeuvent grand monde. Et encore, je ne comptabilise pas cet agent de change et son garde du corps grièvement blessés par des gangsters à Suresnes ni le bureau de poste de Clichy attaqué en milieu de journée.
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Aviation : Le Ministère des Transport, tirant les enseignements des dramatiques accidents aériens survenus au Printemps, constatant l’augmentation alarmante des aéronefs et se basant sur les travaux de la Commission Internationale de l’Aviation, arrive à la conclusion qu’une réglementation aérienne doit être mise en place. Une Commission est nommée avec pour mission d’établir les bases de cette réglementation et pour ambition d’être proposées à l’ensemble des membres de la Commission Internationale pour adoption.
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Mercredi 2 aout 1911 :
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Sécheresse : Les premiers mètres cubes d’eau en provenance du bassin de Saint-Maur approvisionnent enfin les canalisations parisiennes. La préfecture de la Seine précise que, bien que traité grâce à des procédés dits « américains », cette eau doit malgré tout être épuré au moyen de filtre à sable.

Apaches : A la Villette, une guerre de territoire oppose deux bandes d’apaches depuis plus d’un mois. Rien que la semaine précédente, pas moins de dix bagarres entre individus des deux camps a été recensé par la police. Le mardi 2 aout au soir, les deux bandes au grand complet se rencontrent rue de Meaux alors que les ouvriers rentrent chez eux. De cette bagarre gigantesque qui dura près d’une heure. De ce combat, la police constat un mort, un jeune de vingt ans tué d’un coup de couteau, et deux passantes blessées dont une fillette de douze ans, victime collatérale de ce déchainement de violence.

Jeudi 3 aout 1911 :
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Maroc : La presse française commence à avoir des doutes sur l’état d’avancement des négociations, surtout après une nouvelle rencontre directe entre les deux diplomates en charge de ces négociations, le ministre des affaires étrangères allemand Mr De KIDERLEN-WACHTER et l’ambassadeur de France en Allemagne, Jules CAMBON. Des fuites d’origine inconnue font état de la demande allemande de compensation africaine si elle laisse les territoires marocains à la France, en l’occurrence une parti du Congo, le Gabon et la rive française du lac Tchad. Il est évident, et la presse française s’en fait écho avec tapage, que la France ne peut accepter une telle concession.
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Cheminot : Ouverture à Paris du « Congrès des Cheminots », rassemblement des représentants des cheminots syndiqués de France. Dès le premier discours, il apparaît un profond clivage entre deux courants, l’un dit « révolutionnaires », proche des anarchistes, minoritaires, l’autre « réformiste », voulant une transformation en douceur du dur métier de cheminot. Le principal clivage vient de l’appréhension des « sabotages » se déroulant sur tous les réseaux ferrés de France mettant en péril la bonne marche des réseaux.
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Marseille : Le crime d’une hôtelière de la rue de la Paix, Mme POLETTI, secoue la cité phocéenne. L’hôtelière a été retrouvé ligotée, bâillonnée et lardée de coup de couteau, dans sa cuisine et ses économies ont été dérobées. Les soupçons de la police se portent sur un locataire de l’hôtel au comportement bizarre.

Vendredi 4 aout 1911

Diplomatie : Signature entre la République Française et les Etats-Unis d’Amérique d’un traité d’arbitrage facilitant la résolution des éventuelles crises diplomatiques. Ce traité est le prolongement du traité franco-américain signé le 18 février 1908 en abolissant la plupart des restrictions y figurant et en renforçant les liens entre les deux puissances.

Le préambule de cette « charte » est, en lui-même, suffisamment explicite : « La République française et les Etats-Unis d'Amérique, également désireux de perpétuer la ferme, inviolable et constant paix qui a heureusement existé entre les deux nations, depuis les premiers jours de l'indépendance américaine, et qui a été rendue plus assurée encore par leurs étroites relations d'amitié et de commerce, constatant qu'il n'existe entre eux aucune importante question en litige et résolus d'empêcher qu'aucun différend puisse être à l'avenir une occasion d'hostilités entre eux ou interrompre leurs bonnes relations. »

Cheminots : La tendance « révolutionnaire » présente au Congrès des Cheminots est mise en minorité lors d’un vote condamnant les actes de sabotages perpétrés sur les réseaux ferrés français. Toutefois, il apparait évident à tous les observateurs qu’une scission est inévitable entre la branche dure des révolutionnaires et la tendance réformiste des syndicats.

Antimilitarisme : Les trois syndicalistes de la Chambre de la Maçonnerie et du bâtiment impliqué dans l’affaire du « sou du soldat » sont renvoyés en correctionnelle par le juge d’instruction sous l’inculpation de « provocation de militaire à la désobéissance ». Ce renvoi émeut la France toute entière.

Insécurité : Je ne résiste pas à la tentation de mettre en intégralité cette brève trouvé dans le petit-Parisien. Pour tous ceux qui disent qu’il y avait moins d’insécurité « avant » parce que les forces de l’ordre étaient respectées : « Pour s'être passée dans le Midi, la petite histoire suivante n en est pas moins vraie. La voici dans toute sa saveur : Surpris pendant qu'ils jouaient au baccara dans un établissement de la commune de la Verdière, près de Brignoles, des individus ont, pour se venger, fait prisonniers les gendarmes, qui avaient fait irruption dans la salle. Puis, s’étant munis de matraques, ils ont roué de coups les représentants de l'autorité et les ont enfermés dans une chambre, ou ils les laissèrent se morfondre pendant toute la journée. Ce n'est que le lendemain dans la nuit que les malheureux furent remis en liberté. »

Samedi 5 aout 1911 :

Maroc : Alors que du coté français, aucun commentaire n’est fait sur les négociations en cours à Berlin, le Ministère des Affaires étrangères d’Allemagne publie un communiqué laissant présager une fin heureuse et proche à la crise d’Agadir.

« Berlin, 4 août. On constate officieusement que dans les entretiens de MM. Cambon, ambassadeur de France, et de Kiderlen-Waechter, ministre des Affaires étrangères, un rapprochement s'est opéré sur la question de principe.

L’élaboration des détails réclame toutefois un examen approfondi et c'est ce dont s'occupent actuellement les départements de l'Empire compétents, Le résultat des pourparlers sera soumis ensuite par le chancelier à l'empereur. »

Aéronautique : Védrine, vainqueur de la course aérienne Paris-Madrid, héros malheureux du tour d’Angleterre qu’il dut abandonner sur bris de moteur alors qu’il était en tête, réussit un nouvel exploit avec un vol Londres – Paris via Brighton, Folkestone, Boulogne et Dieppe. Il est accueillit à Issy-les-Moulineaux par des milliers de supporters fou d’enthousiasme.

Védrine refusera alors de raconter son voyage, « trouvant plus chic de traverser la Manche et se taire », heurtant en cela beaucoup de journaliste et déclenchant une polémique sur sa « fatuité ».

Cheminot : Le congrès, dans une déclaration solennelle, porte à la connaissance du public les nombreux dysfonctionnements au sein des réseaux ferrés français mais aussi le mauvis entretien des machines du au manque de personnel et la vétusté de certaines lignes laissées quasiment à l’abandon. Dans cette déclaration, le Ministre du Travail est interpellé par les représentants des cheminots pour qu’il prenne ses responsabilités et fasse appliquer les lois, surtout celle de 1908 sur le temps de travail en poste des machinistes.

P.T.T. : A l’occasion des vacances, Charles CHAUMET, sous secrétaire d’Etat aux P.T.T. inaugure plusieurs liaisons télégraphiques avec des villes balnéaires non encore reliées au réseau comme Etretat, Cabourg, Houlgate mais aussi avec des villes de villégiatures comme Gérardmer

Dimanche 6 aout 1911 :

Maroc : Le Quai d’Orsay, a son tour, publie un communiqué lapidaire qui, sans être aussi affirmatif que celui émis par l’Allemagne la veille, démontre bien que les négociations sont sur la bonne voie et qu’un compromis est sur le point d’être trouvé.

« Paris, le 5 aout : Dans les dernières entrevues entre M. Jules Cambon et M. de Kiderien-Waechter les vues de principe des deux gouvernements ont été mises en présence et comparées. Les combinaisons envisagées de part et d'autre et les solutions possibles font l'objet d'un examen approfondi de la part du gouvernement de la République. »

Tous les observateurs sont donc d’accord sur le fait que la France et l’Allemagne sont arrivées à un accord mais personne ne connaît l’étendu des compensations, ouvrant ainsi la voie à toutes les rumeurs les plus folles.

Marine : Le sous-marin Rubis, de la classe Emeraude, lancé en 1908, manque de couler pour une raison encore indéterminée. Alors qu’il naviguait en surface au large de Cherbourg, panneaux ouverts, le sous-marin commença à plonger, enfournant de l’eau par les ballastes avants. Seul la présence d’esprit de l’équipage et au sang froid de l’enseigne Charbonnier, alors de quart, qu’un véritable drame put être évité.

Aéronautique : A chaque jour son exploit. Après celui de Védrine hier et son Londres Paris, c’est au tour du Capitaine Félix de s’illustrer sur le terrain militaire d’Etampes aux commandes de son appareil Blériot. A l’aube, le capitaine Félix bat en effet le record d’altitude avec un vol à une hauteur de 3490 mètres, baromètre enregistreur faisant foi.

Canicule : Malgré les promesses et la décision d’ouvrir le bassin Saint Maur, les parisiens constatent que loin de baisser, les coupures d’eau ont tendance au contraire à augmenter. Devant la polémique et les manifestations spontanées qui se déroulent dans la capitale, la Préfecture de la Seine annonce pour le lundi 7 aout 1911 un retour à la normale dans l’approvisionnement de l’eau.
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jeudi 4 août 2011

"Le nucléaire n'est pas l'avenir énergétique de la planète!" Partie II

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Jeudi 2 aout 2011 :
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Sortie progressive du nucléaire, développement des énergies renouvelables et maîtrise de la consommation : pour Jean-Luc Bennahmias, député européen et membre du Shadow cabinet, le "mix énergétique" est "indispensable et créateur d'emplois". Il l'exprime dans une tribune publiée le 30 juillet 2011 sur le site d'information Mediapart.
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Partie II – Pour la partie I, voir le texte du mardi 2 aout 2011,
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Vers un mix de production énergétique

C'est la direction que prennent nos voisins européens, Allemands, Italiens, Suisses, mais aussi Anglais: le Royaume-Uni s'engage dans un système énergétique moins intense en carbone - un mix reposant sur le nucléaire et le renouvelable. Il est grand temps qu'en France, nous ayons un sursaut en faveur des énergies renouvelables. C'est encore loin d'être le cas si on en juge par les revirements politiques, notamment sur le photovoltaïque et l'éolien. La méthode Coué employée par les pro-nucléaires peut faire illusion en France, mais plus ailleurs ! La Chine et Taiwan produisent aujourd'hui la plupart des panneaux photovoltaïques vendus au niveau mondial. La Chine - qui par ailleurs il est vrai a de nombreux projets de construction de réacteurs nucléaires - est aussi le leader mondial de l'installation de parcs éoliens. Soyons lucides, personne ne nous attendra dans cette compétition qui s'engage.

Le mix énergétique, c'est le mix de la production: réduire la part de l'énergie nucléaire et augmenter celle de l'éolien, du solaire, de l'hydroélectricité. Alors que pour le moment, notre production électrique reste largement dominée par le nucléaire (à près de 75 pour cent), les énergies renouvelables n'en représentent que 15 pour cent : l'hydroélectricité (12,4 pour cent) y domine largement tandis que l'éolien n'atteint pas 2 pour cent et que le photovoltaïque est pratiquement inexistant (0,1 pour cent). La marge de progression est donc colossale. Pour valoriser le potentiel de toutes les différentes énergies renouvelables, y compris la biomasse et la géothermie, il est indispensable que nous ayons aussi un mix de la recherche sur l'énergie. Notre budget recherche reste aujourd'hui presque exclusivement consacré au nucléaire. Nous devons le diversifier pour baisser à 50 pour cent la part du budget dévolue au nucléaire (fission et fusion inclues). C'est pour cette raison que je suis d'avis que pas un euro de plus ne devrait être accordé à ITER : d'accord pour la recherche nucléaire, à la fois fusion et fission, mais elle doit se faire à budget constant pour laisser la place à la diversification. Les Allemands sont, à ce sujet, déjà loin devant nous. Cela fait plus de dix ans qu'ils ont fait de la recherche sur les énergies renouvelables une priorité: en 2011 le budget a augmenté pour permettre le financement de près de 150 projets de recherche, notamment pour l'énergie éolienne en mer et les centrales solaires thermiques. Inutile de dire qu'en France, il nous faudra davantage que des effets d'annonces ou des changements de noms (cf. le CEA qui est devenu le Commissariat à l'Energie Atomique et aux Energies Alternatives) pour amorcer un véritable tournant vers une nouvelle politique énergétique.

La solution passe aussi par la sobriété et l'efficacité énergétique. Il est évident qu'il nous faut, en plus de la création d'un véritable mix énergétique, repenser notre consommation. Réfléchir à la sobriété énergétique, c'est adapter nos comportements à la nouvelle donne énergétique, prendre conscience des enjeux liés au changement climatique et à la rareté des ressources. Nos modes de consommation sont en effet énergivores : ce que nous pourrions appeler notre "consommation de veille" (nos appareils continuellement allumés en mode veille) est responsable du fonctionnement de deux voire trois centrales nucléaires! Mais le poids de la réduction de la consommation d'énergie ne doit pas uniquement peser sur le consommateur. Pour progresser vers la sobriété énergétique, il faut permettre au consommateur de mieux gérer sa consommation – avec toutes les précautions que nous devons prendre à propos des nouveaux compteurs dits "intelligents" qui sont en phase d'installation et dont l'efficacité pour la réduction énergétique reste à démontrer. Nous devons aussi accroître l'efficacité énergétique de nos équipements et de nos bâtiments. En effet, la consommation d'énergie liée aux bâtiments représente une part considérable de la consommation totale. Améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments suppose d'améliorer le système de chauffage, l'isolation, l'installation de double vitrage... Dans ce domaine, des normes minimales existent depuis une directive européenne de 2002. Cependant, comme le bilan de ces premières années d'efforts en vue de l'efficacité énergétique reste insuffisant, la Commission européenne vient de proposer, en juin, une nouvelle directive visant à renforcer les normes et à adopter des mesures plus contraignantes afin d'engager l'UE vers une véritable sobriété énergétique.

La politique énergétique doit être européenne

L'énergie est un domaine européen par excellence: pour des raisons de ressources, d'approvisionnement et d'efficacité, la politique énergétique doit être développée à l'échelle de l'Union européenne. En décembre 2009, l'adoption du paquet climat fixait des objectifs ambitieux à l'horizon 2020, les fameux trois 20 : 20 pour cent de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20 pour cent d'énergies renouvelables dans la consommation énergétique et 20 pour cent d'augmentation de l'efficacité énergétique. Depuis, à l'échelle française (grenelle de l'environnement), européenne comme mondiale (sommet de Copenhague, Cancun), nous avons accumulé les déceptions et le bilan est plus que mitigé.

Il y a bien plusieurs grands projets d'infrastructures à l'étude comme celui d'un super réseau électrique en Mer du nord qui relierait les différentes centrales éoliennes offshore ainsi qu'une nouvelle proposition de la Commission européenne pour renforcer l'efficacité énergétique et adopter davantage de mesures contraignantes, mais la politique énergétique européenne reste brouillonne et sans vision commune pour l'avenir énergétique. Le manque d'unité a trouvé une nouvelle occasion de s'exprimer au lendemain de la catastrophe de Fukushima. Alors que l'idée des stress tests sur les centrales nucléaires européennes faisait l'unanimité parmi les Etats européens, plus de trois mois après Fukushima aucun progrès sur des stress tests véritablement contraignants supervisés par l'Union et évalués entre pairs n'est à enregistrer! L'accord sur les stress tests est un accord à minima qui révèle le manque d'ambition dans la gestion du risque et les normes de sécurité, qui devraient pourtant être mutualisées à l'échelle européenne.

Production décentralisée, développement local et aménagement du territoire

Enfin, notre avenir énergétique sera la production de proximité. Cela suppose la décentralisation. Une décentralisation bénéfique en termes d'emploi non-délocalisables. A l'inverse du modèle très centralisé que nous avons depuis des décennies, nous devons penser local! L'avantage des énergies renouvelables est qu'elles ont un potentiel de développement local. La production de proximité permet de réduire les coûts, à la fois économiques et environnementaux (exemple de l'huile végétale ou de la filière bois, de la géothermie, des hydroliennes ou de l'utilisation des courants marins) et de favoriser la combinaison des différents modes de production. Elle promeut aussi un nouveau modèle économique dans lequel les PME ont toute leur place. Evidemment cette politique doit être couplée à l'aménagement du territoire, il ne s'agit pas de mettre ces productions n'importe où mais de rétablir une production de proximité concertée et durable.

Le développement de ce mix énergétique et la réorganisation de la production sont aussi bénéfiques en termes d'emplois. Si les énergies renouvelables créent et vont créer des emplois, elles permettront aussi, et surtout, d'en maintenir au niveau local. D'ailleurs, que l'on se rassure : il y aura aussi du travail pour des années dans le nucléaire, même dans le cas d'un scénario de sortie de cette technologie. Le gouvernement, qui avance régulièrement l'argument des dizaines de milliers d'emplois que représente le nucléaire (de 40000 à plus de 120 000 emplois en comptant les emplois indirects), devrait se pencher sur le nombre d'emplois que nécessiteraient le démantèlement, la surveillance des réacteurs et la gestion des déchets radioactifs. Le décret publié jeudi 28 juillet, annonçant la décision de reprendre l'entreprise de démantèlement de la centrale de Brennilis, à l'arrêt depuis 1985, nous engage pour des années de travaux et de gestion des déchets puisqu'on estime qu'environ 100 000 tonnes de déchets seront engendrés au total par la déconstruction de la centrale. Le chômage technique n'est donc définitivement pas à l'ordre du jour !
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Jean-Luc BENNAHMIAS

mercredi 3 août 2011

Jour après jour, au fil de la politique

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Mercredi 3 aout 2011 :
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La rubrique que vous attendez tous : l’actualité vitrollaise et nationale (politique ou non) au jour le jour. Les coups de cœur comme les coups de gueule, les questions comme les réponses !
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Mercredi 27 juillet : Je lis une interview des plus intéressantes de Martin VAN CREVELD dans Guerres et Histoire numéro 2 ; Cet historien est spécialisé dans les technologies militaires, leurs évolutions et leurs interpénétrations avec les doctrines militaires.
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Interviewé à l’occasion de la sortie de son dernier livre, que je n’ai pas encore lu, il explique que pour lui, l’ère de la puissance aérienne est désormais derrière nous et que, pire, l’idée même de « vaincre avec la seule aide de la puissance aérienne est le plus grand canular de l’histoire ».
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Pour lui, le déclin de la puissance aérienne est dû à l’explosion des couts (un F-35 de 2011 coutant 180 P-51 de 1944) entrainant une baisse du nombre des appareils non palliée par les progrès pourtant spectaculaire de l’armement et par l’évolution des conflits de « conventionnels » (2nd Guerre Mondiale) en « non conventionnels » (Lybie, Afghanistan) rendant caduque toute supériorité aérienne.
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Il rappelle aussi qu’aucun conflit débutant par des frappes aériennes et l’étalement de cette puissance ne s’est soldé uniquement grâce à l’aviation. A chaque fois, des interventions au sol ont été nécessaire. En cela, vaincre uniquement par des frappes aériennes est un mensonge éhonté.
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Au vue de l’évolution de la situation en Libye, je vous laisse méditer sur ces affirmations !
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Jeudi 28 juillet : La Provence d’aujourd’hui fait un dossier sur le manque de personnel qualifié pour les emplois estivaux, les postes non pourvus, les candidats démotivés, et les plaintes des professionnels du tourisme devant le manque de main d’œuvre locale.

Exactement ce que je pointais le 1er octobre dernier dans ce chapitre des mes « Réflexions subjectives du Vitrolles » et que j’avais déjà développé dans mon État des lieux du 17 septembre 2010.

A lire ou à relire pour se remémorer les forces et les faiblesses de notre ville.
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Vendredi 29 juillet : Trois contrariétés en un quart d’heures, toutes liées les unes aux autres, et voilà de quoi m’énerver pour un long moment.
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Première contrariété : le coup de la panne de la cartouche d’encre au moment d’imprimer un document important, à moins de quinze minutes de la fermeture des magasins.
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Deuxième contrariété : Les 135 euros payés en caisse pour trois malheureuses cartouches, cartouches de marque d’accord, mais d’encre quand même !
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Troisième contrariété : Le pop-up apparaissant au moment du changement des cartouches me signalant qu’une mise à jour « fatale » doit être fait à mon imprimante. Rapide coup d’œil sur la mise à jour devant corriger « le bug sur le nettoyage des tètes et une meilleure appréhension de la capacité disponible des cartouches ». Rien de bien méchant, on fait la mise à jour et là, surprise, nouveau pop-up, après l’installation bien sûr, signalant que le verrouillage des cartouches sur celle de la marque de l’imprimante a été faite « pour éviter les piratages ».
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J’ai les cartouches de la marque, donc pas de problème, mais je trouve personnellement le procédé douteux voire même outrageant …
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Samedi 30 juillet : Paléontologue 1 : Rencontre avec des paléontologues lors d’un apéritif des plus sympathiques, il faut le reconnaitre. L’occasion de parler à bâtons rompues de l’histoire de Vitrolles il y a des millions d’années, des hautes et des bas, de la recherche paléontologiques et des développements que cette recherche devrait prendre.
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L’occasion aussi de parler des « dégâts » causés par le monde audiovisuels avec des films comme « Jurassic Park » et sa mode collatérale d’avoir un œuf de dinosaures chez soi d’où les pillages de sites, ou des séries comme « les Experts » ou « Nick Cutter » qui, loin d’avoir attiré des jeunes chercheurs, les ont plutôt freiné quand ils ont découvert la spécialisation très fines des matières étudiés et non cette espèce de multi-spécialisation véhiculé par les séries …
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Bilan, un manque de plus en plus criant de spécialistes scientifiques avec le risque de voir certaines disciplines et un savoir immense perdu.
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Il est vrai qu’être « expert en balistique » a plus de panache qu’être « expert en multi-mantibulé du crétacé supérieur » !
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Dimanche 31 juillet : Paléontologue 2 : Continuons avec les paléontologues d’hier avec une anecdote que je vous laisse méditer.

En début d’apéritif, petit tour de table rapide pour permettre à chacun des deux partis de faire connaissance. Autour de la table donc, quatre belges. Jusque là, rien de bien particuliers sauf que les présentations tournent rapidement à un étrange échange : le premier se présente comme étant Belge, le deuxième, un jeune de moins de trente ans, annonce son nom et précise immédiatement qu’il vient de Flandres sans aucune précision sur le fait que la Flandre est Belge. Le troisième et le quatrième précise alors leur ville d’origine, Bruxelles pour l’un, Tournai pour l’autre, se hâtant de préciser en Belgique.

Le sujet n’étant pas la crise Belge, je n’ai pas approfondi cette curieuse présentation de l’un des paléontologues mais il ne fait aucun doute que cette précision volontaire sur la Flandre alors qu’aucun des autres n’a précisé « Wallonie »
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Lundi 1 aout : Enfin une circulation fluide pour descendre à Marseille et un temps record pour atteindre mon travail. Pourquoi n’est-ce pas comme cela tous les jours ?

Je vous laisse par contre le soin de deviner quel fut le seul point noir de la circulation en ce jour béni des dieux !

Quand quelqu’un de responsable va t’il enfin s’intéresser de près à la gestion en période de pointe des approches et des dégagements des terminaux passagers du port autonome. C’est un véritable enfer !

Cette gestion est du « grand n’importe quoi » gérée, de surcroit, par un véritable « malade » !
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Mardi 2 aout : En lisant un blog politique pour lequel je ne vais pas faire de publicité, je ne peux m’empécher de me poser la question de savoir où se place la conscience politique chez certains de ceux qui veulent avoir un rôle politique de premier plan et représenter les citoyens.

Critiquer et dénoncer certains événements ou ce que l’on considère être des dérives est le rôle des blogs. Se contenter de cela et ne rien proposer en sus de la critique est un acte de malhonnêteté politique. Jouer en plus sur les peurs des citoyens en faisant l’amalgame et les raccourcis scabreux sur des sujets aussi importants que l’insécurité, le chômage ou l’immigration est à mon sens une forme de lâcheté politique et une tromperie citoyenne.

La première chose est d’être force de proposition et non force de destruction
La deuxième chose est d’être force de critique constructive et non force d’amalgames populiste
La troisième chose est d’être force de rassemblement et non force de division

Beaucoup de choses que certains n’ont malheureusement pas compris !
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mardi 2 août 2011

"Le nucléaire n'est pas l'avenir énergétique de la planète!" Partie I

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Mardi 2 aout 2011 :
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Sortie progressive du nucléaire, développement des énergies renouvelables et maîtrise de la consommation : pour Jean-Luc Bennahmias, député européen et membre du Shadow cabinet, le "mix énergétique" est "indispensable et créateur d'emplois". Il l'exprime dans une tribune publiée le 30 juillet 2011 sur le site d'information Mediapart.
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Il faut le dire clairement : le nucléaire n'est pas l'avenir énergétique de la planète ! Certains de nos voisins l'ont bien compris ; l'Allemagne a fait récemment le choix d'une sortie du nucléaire à l'horizon 2022, les Italiens ont rejeté par referendum une relance du nucléaire (déjà à l'arrêt depuis 1987 dans leur pays), le gouvernement suisse a annoncé qu'il renoncerait à construire de nouvelles centrales et qu'il allait désormais promouvoir les énergies renouvelables... Même le Japon, pays acquis au nucléaire, fortement dépendant de cette technologie, commence à évoquer un avenir sans nucléaire alors qu'une partie de son territoire et de sa population est désormais plus ou moins contaminée.
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En France, deuxième pays au monde en termes de production nucléaire, le dogme du nucléaire a empêché pendant longtemps tout débat public sur la question. Nombreux sont ceux qui continuent d'ailleurs de faire comme si de rien n'était. S'évertuant à nier que l'état des lieux énergétique avait changé depuis Fukushima, Eric Besson, ministre de l'industrie, répétait encore au mois de juin que le nucléaire restait une solution d'avenir. Puis, alors qu'il annonçait la mise en place d'une étude prospective pour réfléchir aux scénarios de diminution voire de sortie du nucléaire, il précisait immédiatement que cette dernière hypothèse n'était pas privilégiée... Il reste à voir dans les faits quelles seront les modalités pratiques de réalisation de cette étude. Elle devrait conclure que, en effet, l'avenir ce n'est pas le nucléaire! Elle devrait aussi remettre en cause la politique exportatrice du nucléaire que la France entretient encore aujourd'hui mais qui n'est plus tenable. La situation énergétique a changé irrémédiablement depuis Fukushima, l'équation du risque versus efficacité s'est renversée. L'avenir se situe dans un mix énergétique et dans la sortie progressive du nucléaire via la combinaison des différents moyens de production et la diversité de la recherche. Développer la part des énergies renouvelables, progresser vers la sobriété énergétique, gérer la sortie du nucléaire en restant d'une extrême vigilance sur la sécurité, en mettant définitivement un terme à l'utilisation de sous-traitants et en créant cette politique énergétique européenne qui nous fait défaut !
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Quand l'équation risque versus efficacité énergétique se renverse
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N'importe quel moyen de production est porteur de risque. Il n'y a pas de risque zéro ! Toute politique énergétique est donc aussi une politique de gestion du risque. Dans le cas du nucléaire, l'équation risque versus efficacité énergétique et rentabilité semblait tourner à l'avantage économique du nucléaire: on acceptait volontiers un choix de production dangereux, porteur de risques non négligeables pour les populations et l'environnement, car cela permettait d'assurer une certaine indépendance énergétique et des coûts officiellement peu élevés de l'électricité. Mais la catastrophe de Fukushima a changé la donne. Elle a renversé l'équation : le facteur risque paraît désormais trop important par rapport aux avantages. Notre société est une société de l'aversion au risque ; alors que de nombreux spécialistes n'hésitent plus à affirmer qu'il existe un risque d'accident ou de catastrophe nucléaire tous les 20 à 30 ans, que de ce fait nous savons que la France n'est pas à l'abri d'un accident majeur, que l'EPR en construction n'a pas non plus été soumis à des stress tests rigoureux, le risque nous paraît désormais trop élevé.
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Augmentation du facteur risque mais aussi non-maîtrise : ce que Fukushima a révélé au grand jour, c'est la totale incapacité des opérateurs et des autorités publiques à gérer le risque - alors même que le Japon est considéré, avec la France, comme le phare technologique moderne. En effet, qu'on ne s'y trompe pas: même si les informations nous parviennent aujourd'hui seulement par bribes, la situation reste toujours loin d'être maitrisée à Fukushima! Si l'entreprise de décontamination des tonnes d'eau (plus de 100 000) contaminées se trouvant dans les réacteurs fonctionne désormais, elle a connu de graves problèmes techniques. Par ailleurs, le site est fortement contaminé. Or aucune solution alternative ne semble avoir été envisagée alors même que la décontamination de l'eau est indispensable. Nous savons aussi aujourd'hui que le combustible est entré en fusion dans les réacteurs 1, 2,3, qu'il est possible qu'il ait percé la cuve sous pression de chacun des réacteurs et qu'une explosion se serait produite dans le réacteur 3 en juin... Tepco en est d'ailleurs toujours à verser de l'eau sur les piscines: une solution qui nous paraissait bien dérisoire les jours suivants la catastrophe, forcément provisoire parce que précaire, mais qui reste pourtant la seule à ce jour! Et que dire de ce qu'on apprend tous les jours concernant la radioactivité des sols, des mers, des cultures et des populations! En résumé, Fukushima n'est pas une affaire classée. Non seulement en termes de dangers que représente la centrale mais aussi en termes de contamination de l'environnement et de risque pour la santé publique, le Japon en a pour des dizaines, voire des centaines d'années. Il suffit de voir la situation à Tchernobyl, qui 25 ans après la catastrophe, reste précaire: un no man's land, des zones et des populations contaminées, une sous-information chronique, sans parler du manque de réparation pour les victimes.
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Au delà de l'incapacité à gérer la catastrophe immédiate, il faut aussi se pencher sur le long terme et sur cette inconnue que reste le démantèlement des centrales. A Tchernobyl, le projet de sarcophage est encore à financer et donc loin d'être terminé: en février dernier, la conférence des donateurs de Tchernobyl est venue nous rappeler que la catastrophe produisait encore des effets et que le démantèlement avait un coût! Sans parler de la question de la faisabilité de cette entreprise! Il est donc aujourd'hui évident - lorsque l'on met en avant l'argument du coût faible du nucléaire par rapport aux autres moyens de production - que les technologies nucléaires existantes ne peuvent atteindre les hauts niveaux de sureté attendus sans investissements supplémentaires - et donc des coûts importants sont à prévoir, sans compter ceux du démantèlement des centrales (encore largement embryonnaire comme technologie: cf Brennilis) qui ne sont pour l'instant provisionnés nulle part (et qui, lorsque des chiffres sont prononcés, paraissent flous: est-ce 50 milliards ou plus ? on ne sait plus trop).
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Et puis les réacteurs de troisième génération, censés être plus sûrs, les fameux EPR, n'ont de nouvelle génération que le nom. Si ces réacteurs comportent de petites améliorations, il ne s'agit pas d'une véritable révolution qui permettrait de minimiser le risque: on n'est pas à 100 pour cent de maîtrise des processus! C'est ce qui avait d'ailleurs conduit le président de l'ASN, avant qu'il ne soit vite recadré, à évoquer un moratoire sur l'EPR de Flamanville. Ces mêmes EPR qui, en France comme en Finlande, accumulent retards de construction et augmentation des coûts. La mise en service à Flamanville vient de nouveau d'être retardée (elle est prévue désormais pour 2016) alors que le coût de l'entreprise a doublé depuis le commencement, passant de 3 à 6 milliards d'euros.
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En France, mais aussi au Japon où l'opposition monte contre le nucléaire, de récents sondages nous montrent que les populations sont majoritairement opposées à cette technologie. Il y aura bien - contrairement à ce que certains continuent de nier - un avant et un après Fukushima dans le monde énergétique. Attention, il ne s'agit pas d'échanger une technologie très dangereuse contre une autre (énergie fossile) qui serait tout aussi porteuse de risques pour le changement climatique. L'avenir se situe dans le mix énergétique: un mix de production et de recherche. Mais la transition est un passage obligé. Le scénario de ceux qui nous promettent de sortir en dix ans du nucléaire n'est pas tenable (en termes de coûts de l'électricité et de lutte contre le changement climatique). Pendant une période de transition inévitable en sortant du nucléaire, il faudra nous appuyer sur les énergies fossiles, mais ce n'est pas l'un ou l'autre: on n'échange pas une énergie dangereuse contre une autre tout autant porteuse de risques, nous allons vers un mix énergétique.
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To be continued - Suite jeudi prochain - Jean-Luc BENNAHMIAS
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lundi 1 août 2011

1935 : L’affaire MALMEJAC – Partie 4 – La piste de Saint-Just

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Lundi 1 aout 2011 :
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Tous les lundis, durant cet été 2011, je vais explorer les méandres d’une affaire qui a bouleversé une longue semaine la ville de Marseille, et au-delà, la France entière : « l’affaire MALMEJAC » ou l’enlèvement d’un enfant en plein jour et au cœur même de la cité phocéenne.
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Ordre des publications :

Lundi 4 juillet 2011 : Présentation
Lundi 11 juillet 2011 : L’Enlèvement
Lundi 18 juillet 2011 : Premières recherches
Lundi 25 juillet 2011 : La piste d’Endoumes
Lundi 1er aout 2011 : La piste de Saint-Just
Lundi 8 aout 2011 : Les médias s’en mêlent
Lundi 15 aout 2011 : Le Boulevard des Fauvettes
Lundi 22 aout 2011 : Devant la justice
Lundi 29 aout 2011 : Conclusion
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I / La piste de Saint-Just :

Après l’échec des recherches dans le quartier d’Endoume, les enquêteurs cherchent à sortir de l’impasse dans laquelle ils se trouvent. Malheureusement, tous les témoignages intéressants recueillis le premier jour ont été approfondis sans réellement apporter un jour nouveau aux recherches. En terme clair, l’enquête piétine.

Les policiers en sont donc réduits à vérifier la moindre piste, le moindre témoignage, même le plus farfelu, même s’il colporte une simple rumeur. Désormais, ce n’est plus seulement Marseille qui a vu la ravisseuse mais bel et bien toute la région. De surcroît, cette foison de témoignage disperse les efforts de la police. Celle-ci se doit de tout vérifier pour éviter de laisser passer le bon renseignement.

Dans ce contexte, le premier témoignage que les enquêteurs retiennent est celui d’un enfant de treize ans. Il affirme avec force avoir vu entrer une vieille femme vêtue de noir dans une maison depuis longtemps inoccupée dans le quartier de Saint-Just. Précision troublante donnée par l’adolescent, l’inconnue ne serait jamais ressortie de cette maison. Forcé de question par les enquêteurs, il précise que la vieille femme ressemble étrangement au portrait diffusé par la presse locale.

Les policiers se rendent donc à Saint-Just et constate de visu l’existence de la maison incriminée comme l’a indiqué l’adolescent. Toutefois elle semble belle et bien abandonnée. Un rapide examen extérieur leur fait dire que cet abandon est récent. Malgré les efforts des policiers, personne ne répond lorsqu’ils frappent à la porte. Cette absence de réponse bloque les policiers. Ils ne peuvent pénétrer dans la bâtisse sans l’accord du propriétaire.

Une rapide vérification auprès des services du cadastre leur apprend que le dit propriétaire habite désormais à la rue Estelle. Un rapide aller/retour dans le centre ville leur permet de ramener l’homme qui ne comprend pas trop ce qu’il lui arrive. Lorsqu’il a acheté l’appartement de la rue Estelle, il a quitté Saint-Just définitivement. Depuis trois mois, la maison est inoccupée. Il ne comprend donc pas qui peut être cette inconnue qui habite apparemment chez lui.

Lorsque les policiers, en compagnie du propriétaire, pénètrent enfin dans la bâtisse en fin d’après-midi, il faut se rendre à l’évidence : l’inconnue n’est pas là. Elle n’a pas attendue la Police pour prendre la fuite. C’est du moins la première constatation qu’en tirent les enquêteurs. Mais une perquisition plus poussée amène rapidement une autre conclusion : personne n’a pénétré dans ces locaux depuis que le propriétaire en est parti. Il s’agit donc encore d’une fausse piste.

II / Les autres piste :

A l’Evêché, les policiers se rendent compte que les témoignages tournent à l’hallucination collective. Tout le monde a vu la ravisseuse.

Ainsi, parmi les nombreuses pistes que les enquêteurs vont être amenés à vérifier ce samedi là, il y a celle que leur apporte le correspondant local du « Petit Marseillais » à Toulon. Il signale qu’une inconnue a défrayé la chronique de la cité portuaire quelques semaines auparavant. Victime de cleptomanie, elle volait des livres chez les libraires de l’agglomération. Bien entendu, son signalement correspondait très exactement au signalement de la ravisseuse publiée par la police marseillaise. Prévenu par leurs collègues de l’Evêché, les policiers toulonnais vont vérifier avec minutie cette piste. Sans succès puisque la suspecte est dûment contrôlée à son domicile varois sans que le moindre enfant ne s’y trouve. De surcroit, elle est en mesure de produire un solide alibi pour l’après-midi de l’enlèvement. Encore une piste qui s’effondre.

Un autre témoin, digne de foi lui aussi, pécheur de son état, affirme de son côté avoir reconnu le petit Claude Malmejac à Porquerolles. Il séjournerait dans la maison d’un pécheur local. Le témoin pousse même la complaisance à donner le nom et l’adresse exacte du ravisseur supposé. Seule ombre au tableau : à aucun moment, le témoin n’a vu la ravisseuse. Il n’a aperçu que l’enfant.

Là encore, la Sûreté de Toulon va vérifier l’information, avec un peu de difficulté car, à l’époque, l’île de Porquerolles est mal desservie au départ du continent. Lorsque les policiers frappent à la porte de la fameuse maison, c’est pour constater qu’aucun enfant ne s’y trouve. Par contre, ils comprennent rapidement qu’un lourd consensus provoqué par la répartition des zones de pêche existe entre le dénonciateur et le dénoncé. Voilà une affaire qui ne va pas arranger les relations entre les deux hommes.

Alors que la piste de Porquerolles est en train de se révéler fausse comme les autres, les enquêteurs marseillais voient arriver dans leurs locaux un vauclusien qui se présente comme le sauveur de l’enquête. A l’inverse des dizaines de personnes se pressant dans les locaux de la Sûreté, il n’a même pas entre aperçu l’enfant enlevé. Par contre, il apporte une information qu’il juge capitale et qui, si elle se révèle exacte, pourrait orienter l’enquête sur une tout autre piste.

En effet, notre homme se souvient d’avoir lu, quelques semaines auparavant, dans un quotidien local, une petite annonce un peu particulière. Quelqu’un rechercherait un enfant de dix huit mois pour toucher un héritage assez conséquent. D’après ses souvenirs, l’annonce se présenterait sous cette forme :

« Enfant de dix-huit mois recherché pour gros héritage »

Notre vauclusien, par contre, ne se souvient plus dans quel quotidien il l’a lu. Si cette piste se révèle sérieuse, l’enlèvement ne serait plus l’œuvre d’un malade ou d’un criminel à la recherche d’argent facile bien que l’appât du gain en soit le mobile. Il donnerait espoir aux policiers de retrouver l’enfant assez rapidement grâce au journal dans lequel l’annonce a été publiée en permettant de savoir qui a passé l’annonce et aux études de notaire pour connaître les héritages en cours.

Les enquêteurs vont donc, durant de très longues heures, épaulés par les pigistes de presse, éplucher les journaux locaux et les éditions vauclusiennes des autres quotidiens, parus ces quatre dernières semaines. Ils veulent retrouver la fameuse annonce.

Malheureusement, à la nuit tombée, il faut se rendre à l’évidence. La fameuse annonce n’a pas été trouvée. Cette piste était aussi une fausse piste.

III/ Le témoignage de Catherine Juan :

Alors que la police désespère devant tous ces témoignages plus farfelus les uns que les autres, une déposition en provenance d’Alger va jeter un éclairage nouveau sur l’enlèvement.

En effet, une jeune fille vient de se présenter à la police de la ville d’Alger pour donner quelques renseignements dont elle pense qu’ils pourraient intéresser au plus haut point les enquêteurs marseillais.

La jeune fille se nomme Catherine Juan. Elle est employée comme domestique par Madame Sarlande, grand-mère maternelle de Madame Malmejac. Madame Sarlande habite le même immeuble que sa petite-fille et Catherine Juan y travaille aussi.

Catherine Juan, en vacances, chez son frère au Voux Kouba, près d’Alger, vient d’apprendre la dramatique nouvelle. Elle a immédiatement fait le rapprochement avec un étrange incident s’étant déroulé à Marseille quelques semaines auparavant, durant l’été 1935.

"Je suis employée chez madame Sarlande, dans le même immeuble que les époux Malmejac. Vers la mi-juin, alors que le professeur se trouvait en congé à Chamonix avec sa famille, une dame en noir a demandé quelques renseignements sur la personnalité de monsieur Malmejac. D’où venait-il ? Dans quelle ville il avait fait ses études ? Si dans sa famille n’habitait pas une personne étrangère ?"

Étant donné que la concierge n'a pu fournir les renseignements demandés, l'inconnue s'est adressée à la domestique de Mme Sarlande. Elle lui a alors proposé de l'argent pour obtenir des réponses à ses questions.

Catherine Juan, soupçonneuse, a donné une fin de non-recevoir à l'inconnue et lorsque le docteur fut revenu de Chamonix, elle le prévint de l'étrange visite. Mais le docteur ne s'inquiéta point et laissa l'histoire en l'état.

« Je ne puis m’empêcher de croire qu’une corrélation existe entre cette visiteuse indiscrète et la femme qui enleva le petit Claude car toutes deux étaient vêtues de noir. » conclut Catherine Juan.

Ce témoignage apporte la preuve au policier que l’enlèvement était prévu de longue date et écarte un peu plus l’idée d’un enlèvement perpétré par une malade mentale.

IV/ Les lettres anonymes :

Une des premières caractéristiques de cette journée est le nombre impressionnant de lettres anonymes reçues par les Malmejac Dans ce flot, beaucoup sont des demandes de rançons, pour la plupart fantaisiste Celles qui peuvent être jugées plus sérieuses ne se rapprochent toutefois aucunement de celles reçues la veille, aussi bien par le style que par l’écriture

Pour les enquêteurs, il ne fait aucun doute que toutes ces lettres sont l’œuvre de malades mentaux Mais pour les Malmejac, un doute insidieux s’installe. Si dans ce fatras nauséabond, une missive des vrais ravisseurs s’était glissée ? Si une de ces lettres contenait la solution de l‘énigme ? Comment ne pas se tromper ? Comment ne pas l’ignorer ?

Le docteur Malmejac s’ouvre de ses doutes à un homme qui le soutient depuis le début de l’épreuve. Ce n’est ni un psychologue ni un policier, mais un journaliste : Léon Bancal, le rédacteur en chef du puissant quotidien régional « Le Petit Marseillais». Ce journaliste, rompu à faire face à toutes les situations, lui conseille alors de demander à la ravisseuse la preuve indéniable qu’elle détient bien l’enfant. La chaînette en or que l’enfant portait autour du cou au moment de l’enlèvement serait une bonne preuve.

Devant le désarroi et la douleur des parents, Léon Bancal renouvelle aussi une autre promesse faite dès le premier jour. Au nom de toute la presse locale, il s’engage à ce que l’existence des lettres et des demandes de rançon reçues dès le premier jour, ne soit pas révélée sans l’autorisation de la famille. Il sait que ses confrères, conscient de l’enjeu, ne publieront rien qui puisse compromettre la vie de l’enfant.

Pourtant, ce jour là, toute la presse marseillaise est au courant que le « Petit Marseillais », dans son édition du jour, vient de publier une annonce apparemment anodine, sous la rubrique « Annonces classées » Elle porte la référence « Havas 5305 » et se trouve positionnée en troisième position dans la sous-rubrique « demande d’emploi ». C’est le texte exact réclamé par la ravisseuse dans sa première lettre :

« Disposons de 50.000 francs
Cherche emploi intéressant
Havas – 5305 »

Par cette publication, les Malmejac acceptent de négocier avec la ravisseuse.

Toutefois, la presse marseillaise se trouve confrontée à un dilemme. Elle ne peut pas passer entièrement sous silence l’existence de ces dizaines de lettres reçues au domicile des Malmejac. Elle se doit de dénoncer le coté malsain de la chose et tenter ainsi d’arrêter ce torrent de boue.

Aussi, tous les journaux locaux, du « Petit marseillais » à « Marseille-matin » en passant par le « Petit-provençal » ou « Rouge-Midi » vont vilipender les auteurs de ces lettres, dénonçant le caractère malsain de la chose. Au passage, journalisme oblige, plusieurs d’entre eux vont citer comme exemple la fameuse lettre reçue le lendemain du rapt mais tous précisent en titre de « Une » : « Les parents éplorés ont reçu plusieurs lettres qui n’ont apporté aucun éclaircissement »

V/ L’appel au détective privé :

Dès le 30 novembre 1935, la situation du docteur Malmejac était devenue infernale. En effet, la police, la presse, la foule le traquaient sans relâche. Les indiscrétions de la presse parisienne l'avait amené à se méfier de tous et de toutes. La moindre erreur pouvait condamner le petit Claude et le père en avait pleinement conscience.

Ainsi s'en ouvrit-il à Léon Bancal et Marcel de Renzie, rédacteur en chef et journaliste du "Petit marseillais" : "De grâce, laissez-moi parler et crier ma douleur. Je n'en puis plus. Partout, je dois composer mon visage, chez moi où les miens sont dans le désespoir. Dans la rue, partout, tout le monde guette mon passage et toute indiscrétion peut-être désastreuse. La police est d'un dévouement inouïe mais son action risque de provoquer la catastrophe. Une seule chose compte pour moi : Claude. Qu'on me comprenne et qu'on admette que pour moi, peu importe que des assassins demeurent ou non impunis pourvu que Claude vive !"

Dans ce contexte, il lui était impossible de remettre la moindre rançon, le risque d'être reconnu étant trop grand. Cette crainte était augmentée par la dernière missive reçue qui précise : "Venez seul. Tout serait à craindre si vous étiez suivi !"

Il ne restait qu'une seule chose à faire : Appeler un homme sûr et expérimenté. Après avoir consulté quelques proches, le choix est évident. Il fallait faire appel au célèbre détective privé genevois Rochat et à sa non moins célèbre chienne Zita.

Sur appel téléphonique du docteur Malmejac, le détective Rochat promit sa collaboration la plus complète et bondit dans le premier train en partance pour Marseille.

VI / La lettre des parents :

Parallèlement à toute cette agitation, le professeur Malmejac ne veut laisser de coter aucune action qui puisse entraver ou ralentir la libération de son fils. Il est prêt à toutes les tentatives, comme nous venons le voir avec l’appel au détective privé. Pour cela, il est prêt à jouer la carte du sentimentalisme en faisant directement appel au cœur de la ravisseuse.

Il rencontre donc celui qui, depuis le début de l’épreuve, est devenu son ami, le rédacteur en chef du « Petit-Marseillais », Léon Bancal. Il lui remet une lettre émouvante, en lui demandant de la publier dans l’édition du lendemain du quotidien.

Cette demande n’est pas fortuite. Outre les liens d’amitié existant entre les deux hommes ; le professeur Malmejac sait que la ravisseuse lit le « Petit Marseillais ». Il est donc assuré de la toucher. Même si le résultat est incertain, la tentative a le mérite d’exister.

Monsieur le directeur

Excusez-moi de vous demander d'insérer cette lettre : c'est pour nous, Madame Malmejac et moi, le seul moyen de risquer de toucher ceux ou celles qui, dans un moment d'aberration, ont pu accomplir cet acte épouvantable qu'est l'enlèvement de notre cher petit Claude.

Nous ne pouvons croire que cette ou ces personnes manquent complètement de cœur. Nous les supplions non seulement de prendre bien soin de notre cher fils mais de nous le ramener, de le rendre à sa famille absolument atterrée. Nous sommes prêts à remettre une certaine somme aussi discrètement qu'on le désirera.

Mais c'est à l'homme ou à la femme, à leur cœur, que nous nous adressons, espérant qu'ils comprendront et voudront bien abréger ce supplice odieux qui nous est si cruellement imposé.

S.Malmejac
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La suite la semaine prochaine
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